FNAC propose d’un article très séduisant : L’enseignement du français aujourd’hui. Je fais donc un focus pour vous le faire connaitre.
Sciences humaines 1968-2008 : depuis que les étudiants ont défilé en rangs serrés contre l’ordre gaullien, depuis que les barricades se sont érigées pour défier une société conservatrice et bien-pensante, depuis que la France s’est trouvée ébranlée par sa jeunesse au nom de valeurs nouvelles, la question scolaire est un enjeu majeur pour le pays. Peu de sujets déchaînent en effet autant de passions, peu de dossiers soulèvent autant de foule… C’est que l’école figure au coeur de la République, dont elle constitue même la dernière institution intégratrice après la disparition du service national.Mais cette école que les Français plébiscitent et honnissent à la fois possède-t-elle encore les moyens de son ambition ? Peut-elle encore jouer son rôle dès lors que de nouveaux publics apparaissent, et que – dans les préoccupations de nos concitoyens – les questions économiques et sociales l’emportent sur les questions culturelles ? Ce sont ces problèmes que la présente enquête a souhaité envisager, en choisissant de se concentrer sur l’enseignement du français, tel qu’il est pratiqué depuis bientôt quinze ans dans nos collèges et nos lycées.À l’heure où de nouveaux programmes sont en cours d’élaboration, Paul-Marie Conti a voulu revenir sur une discipline jusqu’alors malmenée, pour éclairer d’un jour nouveau les débats que soulève notre école et contribuer à lui rendre cet humanisme qui lui vaut malgré tout l’attachement des Français.Agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres, Paul-Marie Conti bénéficie d’une grande connaissance du système éducatif, dont il a pratiqué les différents échelons, du second degré à l’Université, en passant par les classes préparatoires aux grandes écoles.Les élèves qui évoluent actuellement au collège et au lycée reçoivent un enseignement totalement renouvelé, dont l’acte de naissance remonte à 1989 : en cette année, le ministre de l’Éducation nationale qu’est Lionel Jospin promulgue une loi d’orientation qui constitue le socle sur lequel les réformes suivantes se sont établies. Depuis, une nouvelle loi d’orientation a été votée en 2005, sous l’égide de François Fillon, alors ministre de l’Éducation nationale au sein du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. De cette loi devraient découler un certain nombre de modifications pour les programmes, mais ces derniers demeurent pour l’heure issus du texte législatif de 1989. Pour ce qui concerne l’enseignement du français, leur mise en place s’est opérée en deux temps : les «nouveaux programmes» applicables au collège sont en effet entrés en vigueur en 1996, quand ceux qui concernent le lycée ont été mis en oeuvre à compter de l’an 2000. Sept années ont donc été nécessaires pour que la loi d’orientation de 1989 porte ses fruits en ce domaine, l’écart entre les réformes relatives au collège et au lycée s’expliquant pour sa part par un souci de continuité : la formation subie par les collégiens à partir de 1996 présentant un certain nombre de spécificités, elle débouchait naturellement quatre années plus tard sur une formation adaptée au niveau supérieur. Un premier constat s’impose ainsi : les programmes en vigueur dans le second degré forment un ensemble cohérent, qui fait de l’enseignement du français au lycée un approfondissement de l’enseignement dispensé au collège. Second constat, mais essentiel : de 1989 à l’an 2000, quatre ministres se sont succédé rue de Grenelle. Après Lionel Jospin vint en effet Jack Lang, lui-même suivi de François Bayrou, qui dut – après la dissolution manquée de 1997 – céder son fauteuil à Claude Allègre, dont l’impopularité fut telle qu’elle imposa le retour de Jack Lang en l’an 2000. Si les nouveaux programmes résultent donc d’une loi d’orientation voulue par un gouvernement de gauche, leur mise en oeuvre revient à parts égales à des ministres de droite et de gauche, ce qui témoigne d’un certain consensus, au plus haut niveau du moins, quant à leur élaboration. Ce sont précisément ces programmes qui sont au coeur de la présente étude. Leur examen doit permettre au lecteur de comprendre ce qu’est supposé être un cours de français aujourd’hui, autant que d’apprécier les raisons d’être de mutations majeures dans l’enseignement de la littérature et de la langue. Cependant, parce que ces programmes sont le fruit d’une histoire aussi longue que complexe, un bref rappel s’impose en préambule, afin que chacun puisse mieux juger la révolution pédagogique qu’ils ont entérinée.
Paul Marie ContiPédagogieSciences de léducation
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